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Publié par Te tuer d'amour

Interview de Sylvie Vartan

 

Dans la lumière
Sylvie Vartan revient avec un magnifique ouvrage, témoignage unique et personnel de ses quarante-six années de carrière.
 

Actualitedulivre.com : En 2004, votre autobiographie « Entre l’ombre et la lumière » s’est vendue à 240 000 exemplaires. Pourquoi ce nouveau livre ? Vous n’aviez pas tout dit ?

S. V. : J’ai voulu offrir au public un témoignage complet et joyeux de tout ce que j’ai fait. J’ai fouillé dans mes archives personnelles et j’y ai puisé plus de trois cents photos, dont beaucoup inédites, comme autant de souvenirs rattachés à chacun de mes spectacles. Je tenais à mettre en valeur mon rapport avec la scène. Car on est vraiment un artiste quand on partage des émotions avec les gens. Quand on passe des coulisses à la scène, de l’ombre à la lumière, c’est une autre dimension. C’est le public qui fait tout.

ALC : Vous levez aussi le voile sur votre vie personnelle au travers de nombreux textes…

S. V. : Bien sûr, c’était obligatoire de parler de tout, car ma carrière est intimement liée à ma vie familiale. Les deux se sont toujours mêlés. Ma vie est dans la lumière depuis l’âge de mes seize ans. Quand je feuillette ce livre, j’y retrouve tout. Ce livre est comme autant de petites madeleines qui réveillent en moi de beaux souvenirs, c’est une sorte d’almanach de tous les moments qui m’ont sauvé la vie. Mon métier ne m’a apporté que des joies. Et en chantant, je suis arrivée à oublier le reste, certaines douleurs. J’ai toujours voulu le cacher au public, c’est une question de respect et de générosité.

ALC : La dédicace et les dernières lignes de ce livre sont pour votre mère disparue en juin dernier…

S. V. : Oui, c’était indispensable pour moi qu’elle soit présente à la fin de ce livre, car elle a été là tout au long de ma vie. Sans elle, je n’aurais pas eu ce parcours. Elle a été mon soutien, mon exemple, ma force. Tout ce que j’ai en moi, c’est elle qui me l’a appris. Quand je l’ai perdue, elle m’a laissée avec un immense vide.

ALC :
Déjà quarante-six de carrière. Quel regard portez-vous sur cette formidable longévité ?

S. V. : Je me suis posée un jour la question de savoir comment j’avais fait pour durer aussi longtemps et j’ai trouvé la réponse : en n’y pensant pas ! Ce n’est pas un métier qu’on fait avec la réflexion. J’ai toujours fonctionné à la flamme, à l’instinct. Planifier m’est impossible, si je me mets à réfléchir ou à analyser, ça me paralyse, ça m’immobilise… Cela fait peu de temps que je rends vraiment compte de la chance que j’ai. Je l’apprécie plus aujourd’hui. Pendant longtemps, je pensais même que c’était futile de chanter. J’ai réalisé que ce n’était pas vrai, que je pouvais donner du bonheur aux gens.

ALC : Johnny a annoncé qu’il arrêterait la scène en 2009. Que vous inspire cette décision ?

S. V. : (Un silence) Il va changer d’avis… J’ai du mal à le croire. Il y a loin d’ici 2009, il peut se passer tellement de choses. Vous savez, on peut être sincère en disant une chose pareille et puis changer d’avis.

ALC :  Et vous, vous avez déjà pensé à arrêter ?

S. V. : Moi, je suis incapable de fixer une date ! Rien que le mot fixer me fait peur. Je suis extra mobile, ma vie en témoigne. J’ai besoin de mouvement. Même écrire le mot fin sur mon livre a été terriblement dur à faire, alors arrêter la scène… Sûrement pas demain !

Propos recueillis par Laure Joanin

« Dans la lumière » (XO Editions)

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