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Publié par Te tuer d'amour

Sylvie VARTAN

Tout le monde l'appelle Sylvie. Egérie des années yéyé ou vamp façon strass et paillettes de la décennie 70, Sylvie Vartan a été en tête d'affiche pendant de nombreuses années. Chacun peut reconnaître son professionnalisme et ses multiples talents: de chanteuse évidemment, de meneuse de revue bien sûr mais aussi, plus récemment, de comédienne.

Sylvie Vartan est née le 15 août 1944 à Iskretz en Bulgarie. Sa mère Illona a déjà donné naissance à un petit garçon sept ans auparavant appelé Eddy. Le père, Georges est attaché à l'ambassade de France à Sofia. Leurs conditions de vie ne sont pas très bonnes et en 52, les Vartan décident d'émigrer en France.

C'est chose faite à Noël. Georges Vartan trouve un travail de manutentionnaire et la famille loge dans un hôtel dans lequel ils vont résider plusieurs années, entassés dans la même chambre. Pour les enfants, la situation semble plus difficile car ils ne parlent pas le français. Pourtant à force de travail, la jeune Sylvie réussit son passage d'entrée en sixième, au lycée Victor Hugo.

En 1960, les Vartan s'installent dans un véritable appartement. Sylvie entre au lycée de jeunes filles Hélène Boucher. C'est l'époque pendant laquelle elle commence à s'intéresser au rock avec Bill Haley et Elvis Presley et même au jazz, musique qu'affectionne son frère puisque entre-temps, ce dernier est devenu trompettiste.


Contre l'avis de ses parents, Eddy abandonne ses études et accepte un poste de directeur artistique chez RCA. En 1961, alors qu'un jeune chanteur dont il s'occupe, Frankie Jordan prépare un duo, adaptation française de "Out of gas", sa partenaire pressentie au départ se défausse à la dernière minute. Eddy Vartan pense alors à sa soeur et la recrute pour lui donner la réplique sur "Panne d'essence". Ce qui ne devait être que la face B d'un 45 tours devient un véritable tube.

Sylvie renonce à passer le Baccalauréat et part en tournée en juillet. Elle signe un contrat avec la maison de disques RCA, pour une carrière solo. La machine est en route. Fin 61, sort un premier disque "Quand le film est triste". Prise par un trac terrible, elle fait quand même ses premiers pas sur la scène de l'Olympia à Paris le 12 décembre.

Un deuxième titre "Est-ce que tu le sais?" sort début 62. La jeune fille frêle et peu sûre d'elle, refait l'Olympia en lever de rideau du rocker Vince Taylor. Elle y fait la connaissance de Johnny Hallyday venu applaudir le rocker. Elle ne succombe pas tout de suite aux charmes du jeune homme mais cette rencontre est le point de départ d'une grande histoire. De toute façon, elle part en tournée avec Richard Anthony, toujours sous la coupe protectrice de son frère Eddy. A l'automne, elle sort le "Locomotion" puis "Tous mes copains", titre écrit par un jeune auteur-compositeur, Jean-Jacques Debout et qui devient vite un tube.

La popularité de Sylvie est grandissante. En 63, lors du premier référendum de l'émission de radio sur Europe, Salut les Copains, elle est classée n°1 parmi les chanteuses françaises. Son idylle avec Johnny Hallyday qui l'a emmenée en tournée au début de l'année, y est sans doute pour quelque chose. Le jeune public vient d'ailleurs les applaudir en juin lors d'un concert-anniversaire de Salut les Copains, place de la Nation à Paris. Ce rassemblement obtient un tel succès que cela vire rapidement à l'émeute. A cette époque, Johnny est en train de tourner un film en Camargue - D'ou viens-tu Johnny? - auquel Sylvie apporte une petite contribution. En août, les deux jeunes gens se fiancent officiellement à Montreux.

Le couple s'envole pour les Etats-Unis à la fin de l'année et Sylvie en profite pour enregistrer plusieurs titres dont "Si je chante" et surtout le très grand tube "La plus belle pour aller danser", à Nashville avec les choristes d'Elvis Presley. De retour en France, elle se produit en janvier 64, à l'Olympia avec Trini Lopez ("If I had a hammer") et surtout les Beatles, dont la carrière débute alors. Les jeunes filles la copient de plus en plus. Elle devient leur modèle, même si les parents lui trouvent des airs de godiche. En effet, les yéyés sont très loin des chanteurs à textes de la rive gauche! De plus, ils sont souvent très jeunes. Le fossé des générations aurait tendance à s'agrandir.

Fin 64, Johnny part au service militaire et Sylvie embauche Carlos, le fils de la psychanalyste Françoise Dolto comme secrétaire particulier. Après quelques figurations au cinéma (dont une à l'âge de six ans dans un film bulgare: Sous le joug), Sylvie aspire à jouer des rôles plus conséquents. C'est le cas avec Patate, adaptation à l'écran d'une pièce de Marcel Achard. Le film n'est pas le succès escompté, pourtant ses partenaires comme les critiques s'accordent sur le fait que la jeune femme a un certain talent. Mais son métier de chanteuse reprend le dessus et elle poursuit ses tournées.

Elle part ensuite enregistrer à New York un album en anglais - A gift wrapped from Paris - qui sort en Argentine, en Allemagne, au Japon et évidemment aux Etats-Unis. Inconnue dans ce pays, elle va pourtant participer à plusieurs shows télévisés, dont celui, très célèbre d'Ed Sullivan.

Après un tour du monde professionnel, la voilà une nouvelle fois sous les projecteurs en 65 lors de son mariage avec Johnny le 12 avril. C'est l'événement médiatique de l'année, quelques 180 photographes et plusieurs centaines de fans se pressent à la sortie de l'église de Loconville. A la fin de l'année, le couple est invité par la reine d'Angleterre lors de la "Royal Command Performance". Le 14 août 66, Sylvie Vartan donne naissance à un petit garçon nommé David. Elle attend le mois d'octobre pour reprendre ses activités et lui dédie son nouveau titre "Ballade pour un sourire". Elle effectue ensuite une tournée en Turquie et chante son dernier succès "Par amour par pitié".

Comme beaucoup de chanteurs à cette époque, Sylvie Vartan tente de pénétrer les marchés européens. Sa blondeur légendaire est un atout évident pour séduire le public méditerranéen: en janvier 67, elle est classée chanteuse n°1 en Espagne et se place très bien dans les hits italiens avec  "Due minuti di felicità", adaptation de son nouveau tube français "2 minutes 35 de bonheur", qu'elle chante en duo avec Carlos. Mais c'est avec Johnny qu'elle va faire l'Olympia à Paris, où d'ailleurs ils rencontrent un succès triomphal, même si leur public respectif est un peu différent.

Après une tournée délirante en Amérique Latine pendant laquelle elle se produit parfois devant 20.000 personnes, Sylvie revient à l'Olympia le 8 avril 68 pour un Musicorama (concert retransmis par la station de radio Europe1) exceptionnel. On peut y voir une certaine évolution: changements de costume et chorégraphies viennent étoffer un concert qui annonce ses shows à l'américaine qu'elle mettra en place quelques années plus tard.

Le 11 avril, elle est victime d'un grave accident de voiture qui coûte la vie à sa passagère, une de ses amies. Sylvie Vartan en sort très déprimée. Entourée par sa famille, elle remonte la pente et remonte sur scène. C'est à l'Olympia qu'elle fait son retour. On peut l'applaudir sur les airs de "Comme un garçon", "l'Oiseau" ou "Jolie poupée". Elle chante aussi une chanson nostalgique et évocatrice de sa Bulgarie natale, "la Maritza". La jeune femme se construit au fur et à mesure un répertoire plus personnel, abandonnant depuis un certain temps déjà la panoplie yéyé.

Elle part au printemps 69 avec Carlos, en tournée en Afrique suivie de 80 dates en France. En février 70, elle est victime une nouvelle fois d'un accident de voiture alors qu'elle se trouve avec Johnny. Si celui-ci en sort indemne, ce n'est pas le cas de Sylvie. Elle est gravement blessée. Il faudra de nombreuses interventions chirurgicales pour qu'elle retrouve son visage. Elle passe sa convalescence à New York. Elle y fait la connaissance de Jojo Smith, le professeur de danse de Barbra Streisand, qui sera bientôt à l'origine de ses futurs shows à l'américaine.

Elle effectue son retour sur scène à l'Olympia en fin d'année et part en tournée au Japon en mai 71. Le public réserve un excellent accueil à celle qui a pris la peine d'enregistrer trois titres dans la langue de leur pays. L'été est consacré à un voyage à travers les Etats-Unis avec son mari. Le réalisateur François Reischenbach les suit et en fait un film Mon amie Sylvie. Elle renoue plus sérieusement avec le cinéma avec le tournage de Malpertuis de Harry Kummel avec Orson Welles.

L'Olympia semble être la salle parisienne qu'elle affectionne le plus car elle y prépare son retour sur scène. Le véritable show à l'américaine, chorégraphies, paillettes, et choristes qu'elle a préparé activement pendant l'été 72 à Los Angeles est présenté en septembre durant trois semaines (à guichets fermés) devant un public enthousiaste. Elle interprète des chansons plus rock que d'habitude mais également une reprise de "Ne me quitte pas" de Jacques Brel et un hommage à son père disparu deux ans plus tôt, "Mon père".

Pour la première fois, Sylvie enregistre un duo avec Johnny en 73. "J'ai un problème" devient rapidement Disque d'Or et fait l'objet de versions en différentes langues. Sur la tournée d'été, elle chante aussi avec lui, mettant fin aux rumeurs de séparation qui commence à s'amplifier. Elle retourne ensuite au Japon et enregistre même un double disque en public commercialisé au Pays du Soleil Levant.

A la fin de l'année, elle participe à un show télé pour lequel on a écrit un vrai scénario de comédie musicale: Je chante pour Swanee. Il est diffusé dans 33 pays et sa maison de disques RCA décide d'en faire un disque. De mars à mai 75, elle se produit à la télévision italienne à l'occasion de huit shows "Punto e basta". Suit alors la tournée d'été avec Jean-Jacques Debout et un concert exceptionnel à Narbonne avec Johnny devant 40.000 personnes.

En matière de spectacle, Sylvie voit les choses en grand. En octobre 75, contre l'avis de son entourage un peu inquiet, elle décide de se produire au Palais des Congrès à Paris, salle bien plus grande que l'incontournable Olympia. Elle engage un chorégraphe américain, Walter Painter qui met en scène une armée de danseurs et danseuses. Paillettes et strass viennent habiller la chanteuse la plus vamp du moment. Le spectacle est un triomphe ainsi que la tournée qui suit. La presse et le public sont unanimes. Ils plébiscitent une femme belle, entreprenante et perfectionniste, professionnelle en somme.

Après ce marathon, elle part se reposer aux Etats-Unis où elle s'est désormais installée avec son fils. Elle revient en 77 sur la scène du Palais des Congrès pour un nouveau show aussi délirant que le précédent et chante "Qu'est-ce qui fait pleurer les blondes ?".

En pleine vague disco, la maison de disques de Sylvie, RCA lui propose de faire un album en anglais. Elle enregistre "I don't want the night to end" mais n'obtient qu'un mince succès. Elle se rattrape en fin d'année avec la sortie d'une chanson romantique "Nicolas" devenu un véritable tube. Dans sa vie privée, les choses vont moins bien. D'un commun accord, Johnny et Sylvie décident de divorcer. C'est la fin du couple le plus populaire des années 60 et 70 en France.

 

Les années 80 commencent sous de nouveaux auspices. Passionnée par la danse qu'elle pratique régulièrement pour ses spectacles, elle crée une école à Paris en 81. Elle en créera deux autres un peu plus tard au Japon où la chanteuse est très populaire. La même année, elle rencontre un producteur italo-américain, Tony Scotti qui va devenir son compagnon et avec qui elle va se marier en 84. Toujours en 81, elle triomphe en novembre au Palais des Sports avec un spectacle époustouflant et très bien réglé. A la fin de l'année 82, parrainée par l'acteur et chanteur américain Gene Kelly, elle se produit au MGM Grand de Las Vegas. Véritable défi pour l'ex "Petite fiancée yéyé", ce concert est un triomphe. Un an plus tard, elle refait le Palais des Congrès à Paris. Nouveau succès.

Entre l'enregistrement d'un titre en duo avec Michel Sardou - "La première fois qu'on s'aimera"-, d'un album - Danse ta vie -, ses multiples allers-retours entre Los Angeles et Paris, les débuts de son fils David dans le métier, elle trouve le temps de sortir un livre de beauté (Beauty book) à l'instar des grandes stars américaines comme Raquel Welch et Jane Fonda. Quant à sa propre carrière de chanteuse, elle semble se ralentir. Les albums Made in USA en 85 et Virage en 86 n'obtiennent qu'un succès relatif. La promotion du dernier s'étant mal passé, Sylvie Vartan décide de se séparer de sa maison de disques RCA après 25 ans de collaboration.

Elle ne revient à l'enregistrement d'un album qu'en 89 avec Confidanses. Deux titres en sont extraits "C'est fatal" et "Il pleut sur London". Mais c'est avec "Quand tu es là", un succès de 65 réarrangé par un fan de toujours, Etienne Daho, qu'elle renoue avec le succès et la chanson entre au Top 50, hit-parade français. Par amitié pour lui, elle participe au disque Urgences dont les bénéfices sont destinés à la lutte contre le sida.

En octobre 90, Sylvie Vartan retrouve sa Bulgarie natale qu'elle n'avait jamais revue depuis l'âge de huit ans. Accompagnée de son frère, de son mari et de son fils, la chanteuse donne un concert émouvant à Sofia. Elle chante "Mon père" et reprend avec le public "la Maritza".

Le retour de Sylvie sur une scène parisienne se fait en janvier 91 au Palais des Sports. Poussée par son mari qui désire l'entendre chanter ses succès et par Etienne Daho qui l'aide à choisir son répertoire, elle propose un spectacle aux accents de nostalgie, intitulé Je vous salue Paris. Le succès est relatif mais la tournée qu'elle entreprend ensuite en Italie et au Japon marche mieux.

Après la sortie d'un album en 92 - Vent d'ouest - chez Phonogram, elle laisse un peu de côté sa carrière de chanteuse et se consacre au cinéma avec le tournage en 93 de L'ange noir, un film du réalisateur Jean-Claude Brisseau. Sa prestation est remarquée car elle y tient un véritable rôle de composition.

Sylvie revient auprès de Johnny Hallyday le temps d'un concert au Parc des Princes le 15 juin 93 pour fêter les 50 ans du chanteur. Ils interprètent en duo "Les tendres années" devant 60.000 personnes qui applaudissent ce moment de complicité évident. Elle retourne en studio à la fin de l'année et réenregistre en version acoustique ses principaux succès. Elle met presque un an à préparer son retour sur scène au Casino de Paris en janvier 95. La tournée qui suit est un vrai succès.

Encouragée par cette expérience positive, elle décide de sortir un album en septembre 96. Toutes les femmes ont un secret rassemblent des auteurs et compositeurs aussi variés que Luc Plamondon, Richard Cocciante, Jean-Louis Murat, Marc Morgan ou Yves Simon. Le public et les critiques apprécient cet "album de la maturité". En novembre, elle se produit à l'Olympia, salle mythique qui vit défiler toutes les vedettes yéyé. Ce retour en arrière se fait avec nostalgie. Pour l'occasion, elle remet sa fameuse robe de l'Olympia 70, créée par le couturier Saint-Laurent. Elle chante ses anciens succès y compris ceux des années 60, entrant en scène avec "La plus belle pour aller danser".

Sylvie partage dorénavant son temps entre les Etats-Unis et la France, s'occupe de sa carrière mais surtout de sa famille, et notamment de ses deux petites filles, Ilona et Emma. Elle enregistre d'ailleurs pour elles en 97, un disque pour enfants, expérience qu'elle réitère en 98 avec un second volume. C'est en mai de cette année-là qu'elle adopte une petite fille d'origine bulgare prénommée Darina. Sylvie lui consacre une chanson sur son nouvel album Sensible qui sort en octobre.

Elle fait appel à de nombreux auteurs et/ou compositeurs comme Cocciante, Barbelivien ("Sensible", "Darina") ou Murat qui met en musique un poème de Baudelaire: "Réversibilité". Mais aussi de nouvelles signatures, Michel Jouveaux ("l'Autre amour"), Jay Alanski ("Odessa") ou le tandem Marc Lavoine/Aboulker ("J'aime un homme marié"). Son fils David participe aussi à l'écriture de cet album.

Le 24 novembre 98, Sylvie se voit remettre la légion d'honneur à l'Elysée.

En 1999, Sylvie revient sur scène et effectue une tournée en France avec un passage par le légendaire Olympia du 26 octobre au 14 novembre. Habillée par le couturier Jean-Paul Gaultier, son spectacle est mis en scène par Walter Painter. Elle rend un hommage particulier à la chanteuse Mistinguett et au répertoire français du milieu du siècle. Elle reprend aussi ses nombreux tubes pour le plus grand bonheur de ses fans de toujours, venus très nombreux.

Son frère Eddy, qui avait contribué à lancer sa carrière de chanteuse, décède le 19 juin 2001. Mais pour la chanteuse le spectacle continue. 

 

sur http://www.geocities.com/mellowsoundx/les_filles_biographies.htm

 

 

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