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Publié par Darina

Le livre d'un fan : Sheila et moi...

I. Prologue

     Habituel brouhaha d'avant spectacle dans la petite salle comble; et puis elle est arrivée , chantonnant "ce matin à mon réveil, j'étais tout heureuse en ouvrant les yeux...", très vite rejointe par un de ses  deux choristes, un grand costaud sans un cheveu sur le crâne je crois...
    Alors, en ce soir de septembre, j'ai soudain eu l'impression qu'une partie de ma vie arrivait à une espèce d'aboutissement.Je la voyais, elle était là, à ,disons, une vingtaine de mètres de moi,peut-être moins...Elle
autre ,incluse dans ma vie...Les dix francs d'argent de poche que je consacrais , dès sa sortie, à l'achat du dernier 45 tours, sans même en avoir entendu les quatre chansons.Plus tard, les années où je la retrouvais sur le papier glacé de quelque revue-je n'achetais plus les disques mais guettais quand même  la moindre de ses apparitions  télévisées. Les événements de sa vie privée que je suivais, méfiant quand ils étaient étalés à la devanture des marchands de journaux, mais ne pouvant m'empêcher de les lire et de compatir, ou de me réjouir avec elle...Les  spectacles qu'elle a donnés à Paris, dont j'écoutais, quand c'était possible, la retransmission à la radio, les livres qu'elle a publiés et que je feuilletais furtivement dans les librairies,  plus longuement à la bibliothèque municipale. Son départ, ses retours, le succès croissant de ses tournées ,son plaisir à redécouvrir son métier et à le poursuivre,tel un bon artisan...Non, rien de tout cela ne m'a échappé...

J'ai vraiment l'impression qu'elle ne m'a jamais quitté. Même si je ne suis pas le prototype du "fan", celui qui, juste devant la scène,agite frénétiquement les bras, qui crie en plein spectacle:"t'es vraiment trop belle!", qui monte sur scène pour lui offrir un bouquet ou un lion en peluche; même si pendant toutes ces années bien d'autres disques que les siens sont venus enrichir ma modeste discothèque; quand je la vois, j'ai l'impression  de retrouver quelqu'un qui a occupé, et occupe encore dans ma vie, une place tout à fait particulière, qui a un "statut" que je suis bien en peine de définir:ni amie ni confidente, mais présente à sa manière...Le "fond sonore " de toute une époque? Sûrement, mais pas seulement...
    Une "alliée" peut-être?oui, c'est un peu ça, une alliée...quelqu'un quelqu'un qui est avec nous, pour nous, qui nous aide sans le savoir vraiment, quelqu'un que l'on a plaisir à retrouver après une absence, dont la vie nous intéresse, dont on partage les peines et les joies...Quelqu'un que je vouvoierais sûrement si je la rencontrais, mais que j'ai pourtant l'impression de bien connaître, (je dis bien l'impression) et à quoi il me faudrait dire "merci", "merci pour tout",sans savoir d'ailleurs ce que ce "tout" désigne précisément!

      Je réalise aujourd'hui que j'ai assurément plus reçu que je n'ai donné pendant toutes ces années, et que je lui suis donc ,même si le mot n'est pas très joli,  "redevable" de quelque chose...
En effet que lui ai-je apporté pendant tout ce temps? Je n'ai pas régulièrement acheté chacun de ses disques, comme je le faisais  assidûment quand j'étais tout jeune;j'ai attendu d'avoir 50 ans pour assister à l'un de ses spectacles(bien sûr elle n'a pas fait de scène et des tournées tout au long de sa carrière,mais quand même...).De plus, ce sont mes enfants qui m'ont offert les billets à l'occasion de mon anniversaire (le 15 août...Les vrais fans comprendront pourquoi je précise la date: elle-même est née le 16 ,pas de la même année il est vrai...).Je ne lui par ailleurs jamais écrit pour la féliciter, l'encourager, la soutenir dans les moments difficiles-je suis sûr que d'autres le font-et  pas même pour lui demander la moindre photo dédicacée!J'ai trouvé un jour dans le rayon "disques" d'une grande surface le CD du Zénith, en promo ou en soldes je ne sais plus,et je l'ai acheté...Ma soeur m'a offert, il y a une bonne dizaine d'années une cassette (audio) ,compilation de ses plus grands succès (pas ceux de ma soeur évidemment!),toujours pour mon anniversaire...
     C'est tout.
     Je sais, c'est peu. Je ne pense pas que cela ait rapporté grand chose à la chanteuse, financièrement j'entends...
     Un artiste est pourtant un individu comme un  autre, qui exerce un métier et mérite d'en vivre...Je le dis d'autant plus sincèrement que c'est ce que je souhaite à mes deux artistes de fils...
     Eh bien, si elle avait compté sur moi pour subvenir ne serait-ce qu'à une partie de ses besoins,je ne sais pas  dans quelles conditions matérielles elle vivrait aujourd'hui...ou plutôt je le sais très bien...
     Cela ne m'a pas empêché de vivre et,d'une certaine manière, de profiter d'elle, de son talent, de sa voix, de son dynamisme, voire de ses chagrins (même si le mot "profiter" ne convient pas dans ce dernier exemple), puisque tout cela m'a accompagné,a participé d'une manière ou d'une autre à mon évolution et a donc, avec  beaucoup d'autres choses, contribué à faire ce que je suis aujourd'hui, en bien comme en mal, en noir comme en blanc, ou en gris, le problème n'est pas là...
    C'est pourquoi, si je devais  définir la nature de ma relation avec elle-rien que de très avouable-je dirais que je suis le prototype même du mauvais "fan", de l'admirateur ingrat,:celui qui reste derrière sa télé, qui lit les journaux consacrés à "son" artiste, surtout s'il les trouve dans la salle d'attente de son dentiste,ou chez son coiffeur (et même s'ils datent de plusieurs mois...). Bref, en un mot ,composé, un fan-parasite...
  Rien à voir avec l'inconditionnel qui sait tout d'elle, qui sacrifie ses vacances pour suivre la tournée, qui se les gèle au bas d'un immeuble pour avoir la chance de pouvoir lui dire un mot ou simplement de croiser son regard derrière des lunettes fumées, celui qui se trouve forcément au premier rang pour pouvoir plus facilement  lui tendre le bouquet ou la peluche et qui squatte toutes les émissions où elle passe ,sûrement pour lui envoyer des ondes positives face à des animateurs souvent ironiques...
    Rien de tout cela pour moi...
    Ah si!Un jour, lors d'une visite à Paris...Nous allions dire bonjour et apporter une boîte de chocolats à la marraine de ma femme qui se trouve dans une maison de retraite du XVIème, et nous nous étions arrêtés à la Maison de la Radio .Il y avait au programme des enregistrements auxquels on pouvait assister, une émission animée par Laurence Boccolini et dont, selon la programme affiché dans le hall, elle était ce jour-là l'invitée...
     Surprise et joie (pas trop démonstrative, pour ne pas montrer au reste de la famille que je tenais à tout prix à assister à cette émission que je ne connaissais avant d'avoir lu l'affichette à l'accueil.Sans trop de difficulté (il faisait un froid de canard dehors), je réussis à convaincre femme et enfants de passer une heure bien au chaud devant un spectacle qui ne peut qu'être qu'instructif:voir une émission de radio en train de se dérouler ,en direct(à l'époque on ne disait pas encore " live")...
     Et l'attente commence, parmi une petite centaine de personnes, vieux Parisiens habitués du lieu ou groupes de provinciaux essayant ne pas trop en avoir l'air, mais trahis par quelque plan de la ville dépassant du sac sur le dos ou,pire,un sac-banane  aux couleurs fluo accroché à la ceinture (je crois bien que c'était mon cas;mais il n'était pas fluo)...Attente faite d'une impatience, bien maîtrisée pour la raison évoquée plus haut, mais aussi d'une certaine incrédulité: alors ça y était, le moment était arrivé, j'allais enfin  la rencontrer ; après tant d'années d'existence télévisuelle, elle allait enfin se matérialiser, prendre chair-oserai-je dire-sous mes yeux ébaubis et admiratifs à l'avance!
   
Ce ne fut pas le cas ce jour-là: pour une raison que personne ne nous a précisée, l'invité qui arriva et se montra aussi intéressant qu'il pouvait l'être fut Vincent Perrot, animateur, pilote de voitures-fusées qui font peur à sa mère (on la comprend la pauvre femme), trop bronzé pour la saison et plutôt petit...C'est mon avis en tout cas, pas totalement objectif peut-être...   
     La première rencontre n'a donc pas eu lieu ce jour-là mais quelques années plus tard dans cette petite ville du Nord, ce soir de septembre que j'évoque plus haut...
     Ce spectacle, s'il a marqué pour moi la fin de l'existence virtuelle
de la chanteuse a donc aussi été le déclencheur d'autre chose, le début d'une autre époque...Je considère cela comme une espèce de "coming-out", la nécessité d'effectuer un "outing" comme on dit aujourd'hui et comme on ne dira probablement plus demain....Rien à voir avec une quelconque scabreuse révélation sur une face cachée de ma personnalité...Non, il  s'agit pour moi,sinon de revendiquer, du moins d'assumer toutes ces années (40 voire plus) de "sa" présence dans ma vie, 40 ans de "bons et loyaux services" quasi involontaires...Une vie ou presque à compter sur elle, à "profiter" d'elle, à l'exploiter pourrait-on dire...

    Une vie, ou presque ,à compter sur elle, à "profiter" d'elle, à l'exploiter pourrait-on dire ,ne serait-ce qu'en posant une galette de vynil noir sur mon électrophone,en enclenchant le mécanisme par un léger mouvement du bras vers l'arrière, pour le poser ensuite délicatement sur le bord du disque afin que l'aiguille, le saphir, entre dans le sillon et que la voix amie et attendue se fasse entendre...un peu nasillarde (je le réalise aujourd'hui en écoutant les mêmes chansons au moyen d'appareils beaucoup plus performants),voix parfois aussi "grésillante" après de multiples auditions, mais tellement réconfortante. 
     Et elle ?Pouvait-elle compter sur moi?...J'ai déjà répondu à cette question, c'est pourquoi je crois qu'il est plus que temps de lui rendre la "monnaie de sa pièce"(un sou c'est un sou,chante-t-elle dans le kilt:"j'ai un kilt, il est ravissant";de plus sa famille est d'origine auvergnate me semble-t-il) , temps de lui renvoyer l'ascenseur (social?pas exactement car elle est reconnue et a même reçu la légion d'honneur, comme tant d'autres il est vrai),temps de
lui rendre hommage en tout cas...
     Oh ce ne sera pas solennel, cela se fera "à ma manière"...par une série de petits flashes qui me reviennent ,et que je ne vais pas tarder à oublier si je ne les fixe pas sur le papier, tandis que j'ai déjà bien entamé la deuxième partie de ma vie...
    Pas de chronologie donc, je serais bien en peine de dater telle ou telle chanson, pas de recherches biographiques approfondies ;simplement le regard que j'ai posé sur certains événements ,la place qu'elle a occupée dans ma vie, les souvenirs que j'en garde ...
   Alors, allons-y. de la subjectivité donc, de la subjectivité avant toute chose...
existait donc vraiment ,autrement qu'en photo, autrement qu'à travers l'écran de la télé...J'ai senti les larmes me monter aux yeux, furtif moment d'émotion pendant lequel me sont revenues toutes ces années où elle s'était trouvée, d'une manière ou d'une

émission que je ne connaissais avant d'avoir lu l'affichette à l'accueil.Sans trop de difficulté (il faisait un froid de canard dehors), je réussis à convaincre femme et enfants de passer une heure bien au chaud devant un spectacle qui ne peut qu'être qu'instructif:voir une émission de radio en train de se dérouler ,en direct(à l'époque on ne disait pas encore " live")...
     Et l'attente commence, parmi une petite centaine de personnes, vieux Parisiens habitués du lieu ou groupes de provinciaux essayant ne pas trop en avoir l'air,mais trahis par quelque plan de la ville dépassant du sac sur le dos ou,pire,un sac-banane  aux couleurs fluo accroché à la ceinture (je crois bien que c'était mon cas;mais il n'était pas fluo)...Attente faite d'une impatience, bien maîtrisée pour la raison évoquée plus haut, mais aussi d'une certaine incrédulité: alors ça y était, le moment était arrivé, j'allais enfin  la rencontrer ; après tant d'années d'existence télévisuelle, elle allait enfin se matérialiser, prendre chair-oserai-je dire-sous mes yeux ébaubis et admiratifs à l'avance!
   
Ce ne fut pas le cas ce jour-là: pour une raison que personne ne nous a précisée, l'invité qui arriva et se montra aussi intéressant qu'il pouvait l'être fut Vincent Perrot, animateur, pilote de voitures-fusées qui font peur à sa mère (on la comprend la pauvre femme), trop bronzé pour la saison et plutôt petit...C'est mon avis en tout cas, pas totalement objectif peut-être...   
     La première rencontre n'a donc pas eu lieu ce jour-là mais quelques années plus tard dans cette petite ville du Nord, ce soir de septembre que j'évoque plus haut...
     Ce spectacle, s'il a marqué pour moi la fin de l'existence virtuelle
de la chanteuse a donc aussi été le déclencheur d'autre chose, le début d'une autre époque...Je considère cela comme une espèce de "coming-out", la nécessité d'effectuer un "outing" comme on dit aujourd'hui et comme on ne dira probablement plus demain....Rien à voir avec une quelconque scabreuse révélation sur une face cachée de ma personnalité...Non, il  s'agit pour moi,sinon de revendiquer, du moins d'assumer toutes ces années (40 voire plus) de "sa" présence dans ma vie, 40 ans de "bons et loyaux services" quasi involontaires...Une vie ou presque à compter sur elle, à "profiter" d'elle, à l'exploiter pourrait-on dire...

    Une vie, ou presque ,à compter sur elle, à "profiter" d'elle, à l'exploiter pourrait-on dire ,ne serait-ce qu'en posant une galette de vynil noir sur mon électrophone,en enclenchant le mécanisme par un léger mouvement du bras vers l'arrière, pour le poser ensuite délicatement sur le bord du disque afin que l'aiguille, le saphir, entre dans le sillon et que la voix amie et attendue se fasse entendre...un peu nasillarde (je le réalise aujourd'hui en écoutant les mêmes chansons au moyen d'appareils beaucoup plus performants),voix parfois aussi "grésillante" après de multiples auditions, mais tellement réconfortante. 
     Et elle ?Pouvait-elle compter sur moi?...J'ai déjà répondu à cette question, c'est pourquoi je crois qu'il est plus que temps de lui rendre la "monnaie de sa pièce"(un sou c'est un sou,chante-t-elle dans le kilt:"j'ai un kilt, il est ravissant";de plus sa famille est d'origine auvergnate me semble-t-il) , temps de lui renvoyer l'ascenseur (social?pas exactement car elle est reconnue et a même reçu la légion d'honneur, comme tant d'autres il est vrai), temps de lui rendre hommage en tout cas...
     Oh ce ne sera pas solennel, cela se fera "à ma manière"...par une série de petits flashes qui me reviennent ,et que je ne vais pas tarder à oublier si je ne les fixe pas sur le papier, tandis que j'ai déjà bien entamé la deuxième partie de ma vie...
    Pas de chronologie donc, je serais bien en peine de dater telle ou telle chanson, pas de recherches biographiques approfondies ;simplement le regard que j'ai posé sur certains événements ,la place qu'elle a occupée dans ma vie, les souvenirs que j'en garde ...
   Alors, allons-y. de la subjectivité donc, de la subjectivité avant toute chose...

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l'auteur 04/10/2009 10:16


C'est gentil d'avoir publié le prologue, en espérant que cela donnera envie de suivre le lien pour découvrir la suite!