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Publié par Svsheila

Sylvie Vartan : « Avec Johnny, rien n’était tiède »

 

La chanteuse revient ce soir avec un nouvel album à l’Olympia, où elle s’est produite pour la première fois en 1961. Sylvie Vartan, en pleine forme, égrène des souvenirs qui semblent dater d’hier.

 

Sylvie Vartan, tout simplement. Pour son grand retour à l’Olympia à partir de ce soir, l’artiste promet un tour de chant intimiste, à l’image de « Toutes peines confondues », nouvel album miroir dans lequel, à 65 ans, elle se livre entre les lignes, grâce aux mots de Marc Lavoine, Didier Barbelivien ou Carla Bruni. Entretien sans fard.

Comment abordez-vous ces concerts à l’Olympia ?

Sylvie Vartan. Enervée et anxieuse. Je chante sept nouvelles chansons, je reprends des morceaux que je n’ai jamais joués comme « Aime-moi », qui était la réponse au « Que je t’aime » de Johnny. Mais j’ai du mal à me concentrer à la maison. Il y a le chien qui entre, le téléphone qui sonne, ma fille qui n’a pas fait ses devoirs. Je crie alors que je n’ai pas le droit avant des concerts. Du coup, je me prépare seule à l’hôtel.

 

Vous vous souvenez de votre premier Olympia en décembre 1961 ?

Oui, avec Frankie Jordan, mais surtout du second en 1962 en première partie de Vince Taylor. J’étais totalement inconsciente. J’avais une robe en dentelle Ted Lapidus et lui était en cuir et chaînes. C’était cocasse. A côté de lui, Johnny avait l’air d’un premier communiant.

 

C’est pourtant à ce concert que vous l’avez rencontré…

Oui, mais ça n’a pas été le coup de coeur. Je le trouvais beau garçon mais j’étais amoureuse d’un autre et il me paraissait trop jeune. J’avais une gravité que n’avaient pas les gamins de mon âge, due à mon départ de Bulgarie. C’est à jamais une blessure. La mélancolie qui traverse mon disque est notamment liée à cela.

 

Dans la chanson-titre « Toutes peines confondues », vous dites : « En souvenir de nous deux, je te souhaite d’être heureux. » Une allusion à Johnny ?

Quand les querelles et les ressentiments de jeunesse sont passés, c’est dommage que les gens ne parviennent pas à se retrouver. Ce que l’on a connu avec Johnny est tellement unique. Il est comme mon frère et, moi, je fais partie de sa famille. Au Stade de France, il m’a invitée à chanter avec lui, il a adressé une dédicace à mon mari, Tony. C’est tout Johnny. On était des gamins quand on a été propulsés dans un tourbillon infernal qui nous a tourné la tête, la vie. On s’est aimés comme des fous. On a vécu comme des fous, on s’est déchirés comme des fous.

Rien n’était tiède.

 

Courez-vous après votre jeunesse quand vous reprenez sur ce disque « La chanteuse a 20 ans » de Serge Lama ?

Non, parce que j’ai toujours l’impression d’avoir 20 ans. Je sais que la route se rétrécit, donc ce n’est pas très rigolo. Ce qui change, c’est l’innocence du regard.

 

Avez-vous eu recours à des artifices pour la conserver ?

Non, pas encore de chirurgie esthétique. Je le ferai peut-être si je deviens complètement décatie. Ça dépend. Mais il faut apprendre à s’accepter. Je trouve cela beaucoup plus pathétique de se défigurer que de vieillir.

Et mon entourage m’aide à rester jeune.

 

Votre fille Darina, 12 ans, jongle avec votre double culture américaine et française ?

Oui, elle ne parle jamais en français à son père, et ne s’adresse jamais à moi en anglais. Quand on est tous ensemble, elle passe d’une langue à l’autre. En France, elle est en 5e, et quand on rentre à Los Angeles elle va dans une école française. Je veux qu’elle lise et écrive bien le français. C’est mon côté étranger. Sylvie Vartan en concert ce soir, demain et dimanche à l’Olym- pia, 28, bd des Capuci- nes, Paris IXe. Tarif : de 35 € à 80 €. Tél. 08.92.68.33.68.

Nouvel album « Toutes peines confondues », Sony, 17,99 €.

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