Sheila - Presse

Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 09:45

Posté par brad021

Deols (36) - Tarmac A Deols (Chateauroux) 
Vendredi 13 Mars 2009  

Angers (49) - Salle Amphitea / Parc Des Expos D'angers Samedi 14 Mars 2009 à 20h15  

Marseille (13) - Le Dome De Marseille 
Mardi 17 Mars 2009 

Toulon (83) - Zenith De Toulon 
Mercredi 18 Mars 2009 à 20h15

Clermont Ferrand (63) - Zenith D'auvergne
 Mercredi 25 Mars 2009 

Tours (37) - Parc Des Expos De Tours
(Grand Hall)  Jeudi 26 Mars 2009 à 14h30

Poitiers (86) - Parc Des Expositions De Poitiers 
Jeudi 09 Avril 2009  

Limoges (87) - Zenith De Limoges 
Mercredi 15 Avril 2009

La Rochelle (17) - Parc Des Expos De La Rochelle 
Jeudi 16 Avril 2009 

Orleans (45) - Zenith D'orleans 
Vendredi 17 Avril 2009

Bourges (18) - Le Phenix A Bourges
Samedi 18 Avril 2009 


Bourg En Bresse (01) - Ainterexpo / Parc Expo Bourg En Bresse
Mercredi 13 Mai 2009 à 20h15

Grenoble (38) - Summum 
Jeudi 14 Mai 2009 

Chalon sur Saone (71) - Parc Des Expos De Chalon Sur Saone
Vendredi 15 Mai 2009 à 20h15

Epernay (51) - Parc Expositions Le Millesium De Epernay 
Jeudi 04 Juin 2009 à 20h15

Dunkerque (59) - Kursaal De Dunkerque
Vendredi 05 Juin 2009 

Lille (59) - Zenith De Lille
Samedi 06 Juin 2009 à 20h15  

Montbeliard (25) - L'axone 
Jeudi 11 Juin 2009 à 20h15

Nancy (54) - Zenith De Nancy 
Vendredi 12 Juin 2009 à 20h15 

 Dijon (21) - Zenith De Dijon 
Samedi 13 Juin 2009 

Le Havre (76) - Docks Oceane
Mercredi 04 Novembre 2009

Caen (14) - Zenith De Caen 
Jeudi 05 Novembre 2009 

Le Mans (72) - Antares 
Vendredi 06 Novembre 2009 

Rouen (76) - Zenith De Rouen / Grand Quevilly  
Samedi 07 Novembre 2009 


Lyon (69) - Halle Tony Garnier
Jeudi 12 Novembre 2009 

Saint Etienne (42) - Zenith De Saint Etienne 
Vendredi 13 Novembre 2009 

Valence (26) - Parc Des Expos A Valence
Vendredi 20 Novembre 2009 à 20h15  

Genève (Suisse) - Arena 
Samedi 21 Novembre 2009

Toulouse (31) - Zenith De Toulouse 
Jeudi 26 Novembre 2009 

Bordeaux (33) - Patinoire Meriadeck 
Vendredi 27 Novembre 2009  

Pau (64) - Zenith De Pau 
Samedi 28 Novembre 2009  

Lorient (56) - Parc Des Expos Lorient / Lanester 
Vendredi 04 Décembre 2009 

Nantes (44) - Zenith De Nantes Metropole
Samedi 05 Décembre 2009


RESERVATION FNAC



Photo : http://brad021.unblog.fr/sheila-invitee-d-honneur-tournee-age-tendre-2009/
Par Rien à faire - Publié dans : Sheila - Presse
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 09:39

Sheila rejoint la tournée 2009 de
"Age tendre et tête de bois"

Sheila est la tête d'affiche de la tournée phénomène "Age tendre et tête de bois" dont la 4e édition a démarré vendredi à Châteauroux (Indre) avec deux concerts, l'un en matinée, l'autre en soirée, réunissant au total en 5.200 spectateurs enthousiastes.

Créée en 2006 par le producteur et tourneur Michel Algay, cette tournée qui réunit sur scène une quinzaine d'idôles yéyé, devrait accueillir cet été son 2 millionniène spectateur en 4 éditions.

"Age tendre et tête de bois 2009" visitera 60 villes à l'occasion de 130 concerts, avec parfois deux matinées et une soirée en raison d'un succès inattendu qui ne se dément pas.

Cette année, outre Sheila, se produisent dans le même spectacle Patrick Juvet, Georges Chelon, Fabienne Thibeault, Franck Alamo, Isabelle Aubret, Marcel Amont, Stone et Charden, Christian Delagrange, Claude Barzotti, Les Charlots, Bernard Sauvat et Michel Orso, Bobby Solo et la Compagnie Créole.

Salués tour à tour par des ovations debouts par un public de fringuants quinqagénaires et sexagénaires mais aussi des quadras attirés par Sheila et Patrick Juvet, les artistes, dont certains n'étaient pas remontés sur scène depuis trente ans, se produisent en direct, accompagnés par un orchestre de 9 musiciens et 3 choristes.

Sur le plan technique, le spectacle dispose des moyens équivalents à une tournée classique, avec d'importants dispositifs vidéos.

Sheila, âgée de 63 ans, a droit à l'entrée sur scène la plus spectaculaire sur l'un de ses tubes : "Vous les copains".

"Je suis ravie d'être là, dans cette nouvelle aventure. Grâce à vous, je chante toujours 45 ans après", a dit Sheila, qui a aussi interprété "L'heure de la sortie", "Une poupée de porcelaine", "Tu es le soleil", "Bang Bang" et "Les rois mages", revisités sur un rythme disco.

Sheila, qui a fêté ses 40 ans de carrière à l'Olympia en 2002, s'est produite deux fois dans cette salle en 2007 et 2008, après une série de 9 concerts intimistes au Cabaret Sauvage, un scène alternative parisienne, en 2006.

Article pris sur http://www.ladepeche.fr/article/2009/03/14/573548-Sheila-rejoint-la-tournee-Age-tendre-et-tete-de-bois.html
Photo : Pierre-Franck Colombier AFP/Archives

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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /2008 15:18

Sheila intime

Juste comme ça

 

Paris 

28/12/2006 - 

Sheila sans paillettes, Sheila unplugged, Sheila au cabaret : au Cabaret Sauvage plus précisément, où elle s'est installée pour une dizaine de jours pour un spectacle en petite formation, au moment où sort enfin son intégrale en 18 CDs, Juste comme ça.

"Je ne vais pas vous dire ce que je vais chanter, sinon il n’y aura plus de surprise. 70% des chansons de ce spectacle n’ont jamais été faites sur scène. Plein de chansons, même des incontournables, n’avaient jamais été reprises parce qu’on fait toujours Vous les copains. Il y a même des chansons de la période disco qu’on n’avait jamais faites en spectacle." Sheila sait piquer la curiosité. Mais elle n’en dira guère plus : les privilégiés qui peuvent la voir pendant une dizaine de jours au Cabaret Sauvage, dans le Parc de la Villette à Paris, n’arriveront pas au spectacle avec la set list en poche : "Je pense que les fans, les vrais, les purs, les durs, vont avoir de joyeuses surprises. C’est travaillé différemment, c’est un peu plus musical. Toutes les chansons que l’on fait sont revues et corrigées, même celles qui sont incontournables. Ceux qui connaissent bien mon répertoire vont les connaître par cœur, ceux qui ne le connaissent pas bien vont redécouvrir des chansons qu’on a peut-être tout bonnement oubliées. Ce n’est pas le genre C’est ma première surprise-party, mais des chansons connues il y a longtemps qui sont réarrangées pour devenir des chansons d’aujourd’hui." Et euh… lesquelles ? Motus.

Il y a deux guitares, un clavier et un batteur sur scène avec elle. Elle insiste : "Pas de danseur. J’ai l’habitude d’avoir des grands spectacles avec beaucoup de mondece que j’adore et que je referai peut-être, je n’en sais rien. Là, nous ne sommes que cinq sur scène, un truc dépouillé où tout est important. Et, je vous préviens, les gens ne vont pas s’endormir dans leur fauteuil. " Ils ont répété, enfermés dans une grande maison à Vervins, dans l’Aisne : "Un système pas très français : on vit ensemble et on travaille toute la journée."

Intégrale

L’idée du spectacle est venue du vaste chantier de son intégrale, Juste comme ça, parue il y a quelques semaines : 366 chansons en dix-huit CDs avec un gros livret illustré. Mais un certain nombre de ses anciens albums sont ressortis, séparément, tout au long de l’année. Avec chacun, une chanson en bonus, réenregistrée récemment dans des arrangements acoustiques très dépouillés. Neuf chansons rares exhumées, qu’elle n’avait pas chantées depuis leur premier enregistrement, il y a parfois quarante ans. Avec Yves Martin, son mari et producteur, elle a décidé de ce spectacle au début de l’été dernier. "Ce n’était pas planifié. Ce qui arrive, on le prend comme un cadeau."

 


 

Après le Cabaret Sauvage, elle commencera à chanter en province ce répertoire dès le mois de février. "Ce qui est génial, c’est que l’année prochaine je tourne avec deux spectacles : un show avec des danseurs et ce spectacle unplugged. Si on peut faire huit mois de tournée sur douze, ce serait avec le plus grand plaisir. Ce qu’il faut juste me souhaiter, c’est une bonne santé."

Quarante-quatre ans après ses débuts, elle aime l’idée de n’être pas en place : "Quand on regarde ma carrière, on se rend compte que j’ai toujours pris des risques, que je me suis toujours remise en question. Ma chance est d’être entourée de gens qui ont des idées et qui m’emmènent sur des chemins complètement inattendus."

Evidemment, elle a écouté son intégrale en entier, et notamment la centaine de chansons qui n’avaient jamais été rééditées en CD. "Il y a plein de choses que j’avais oubliées. C’est comme ça qu’on a retrouvé des choses qui méritaient d’être revues et corrigées. Une carrière c’est ça : des chansons que les gens ont retenues dans leur mémoire, même s’ils ne les écoutent plus ; que même s’ils sont passés à autre chose, ils rigolent, ils sourient et rechantent quand ils entendent de vieilles chansons. Ce que je trouve génial, c’est que c’est leur enfance, leur adolescence, que ces chansons sont liées à des moments de leur vie. Bons ou mauvais souvenirs, ces chansons évoquent toutes quelque chose. On n’est pas beaucoup à pouvoir dire ça."

Et n’y a-t-il pas quelques chansons un peu – comment dire ? – contestables ? "Il y a des choses qui ont un peu plus mal vieilli que d’autres. Mais c’est ce qui se faisait en ce temps-là. Il ne faut pas comparer avec la musique d’aujourd’hui, il faut les laisser dans leur élément, avec ce qu’elles représentaient."

Sheila Juste comme ça coffret de 18 CDs (Warner Music France) 2006
En concert au Cabaret Sauvage à Paris jusqu'au 30 décembre.

Par Te tuer d'amour - Publié dans : Sheila - Presse
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 18:59

Sheila : mai 68,

 "on a tous marché dans le même bateau"

 

Sheila était loin des préoccupations étudiantes en mai 68. Elle traversait les rues au volant de sa Ford Mustang et se souvient amusée que les manifestants lui indiquaient gentiment les rues à éviter. Mais pour elle, mai 68 évoque surtout une avancée pour les femmes. Elle l’explique à Frédéric Taddéi.

 

Voir la vidéo : http://www.europe1.fr/Decouverte/Connaissance/Histoire/Le-mai-68-des-people/Sheila-mai-68-on-a-tous-marche-dans-le-meme-bateau

Par Te tuer d'amour - Publié dans : Sheila - Presse
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 18:56

Sheila : interview vérité

Après une intégrale en compact disc qui a fait fureur, un Cabaret Sauvage plein de tendresse disponible en DVD, un Olympia en feu l’année dernière, Sheila continue pour son public qui la réclame encore à corps et à cris. Elle lui a offert un Olympia supplémentaire le 4 mars dernier et revient pour le magazine Nos Tendres et Douces Années sur ses principales chansons et ce qu’elles lui évoquent.

 

 

NTDA : Dans votre spectacle du Cabaret Sauvage, on peut découvrir de nouveaux titres comme « Donne-moi ta main » au tout début et « Je serais toujours là » à la toute fin. Je me souviens qu’en 92, seulement trois ans après vos adieux, vous aviez voulu enregistrer une chanson qui était un véritable message à votre public, c’était « On s’dit plus rien ». Tous ces titres sont autant de messages personnels pour lui, pourquoi ce besoin de communication un peu subliminale avec lui ?

Sheila : Parce que je chante pour lui, je pense que j’existe parce que mon public est là. Sincèrement si je continue encore, c’est parce qu’il y a des militants qui en veulent encore. Les spectacles sont construits en connaissance de cause, ainsi que le choix des chansons que l’on va rechercher dans mon répertoire avec Yves Martin. En 99, j’ai chanté une chanson qui s’appelait « Tu m'as manqué », un texte écrit pour de véritables retrouvailles après neuf ans d'absence. C’est vraiment une chanson qu’on a faite pour eux, seul mon public fidèle en a compris le sens. Très égoïstement je dois dire que c’est aussi pour me faire plaisir que j’ai eu envie d’interpréter toutes ces chansons.



NTDA : Vous aviez un projet d'album composé uniquement par des femmes, Françoise Hardy, mais aussi Clarika qui a signé « Donne-moi ta main » et « Sous le regard des filles », deux nouveaux titres que vous interprétez dans ce spectacle, qu’en est-il ?
Sheila : Oui c’était une bonne idée c’est vrai, mais malheureusement je pense que ça ne se fera pas. J'ai rencontré Clarika sur ce projet, je ne la connaissais pas personnellement et puis comme ça n’a pas abouti, elle m’a écrit « Donne-moi ta main », la première fois que je l'ai entendu, j'en ai pleuré. Ce n’est pas un titre commercial du tout mais c’est un tel message, ça dit tellement de choses. Dans ces deux chansons qu’elle m’a écrites, on sent bien qu’un homme n’aurait pas pu les écrire, ce sont des titres à la touche très féminine.

NTDA : Vous qui avez fait une véritable carrière de disques, presque chaque single était un tube, j’ai remarqué que les anciens titres que vous avez interprétés au Cabaret, étaient d’anciennes face B : « La voiture », « Laisse-toi rêver », « C’est écrit », « Personne d'autre que toi » et « Trinidad ». Pour quelles raisons ?
Sheila : Parce qu’on a voulu faire des chansons qu’on n’avait jamais faites. Ce sont des titres que je n’avais jamais rechantés depuis l’époque. On les a totalement refaites, dans l’intention de leur donner une nouvelle vie. Ce qui était amusant, c’était de voir la tête des gens qui cherchaient ce que ça pouvait être, les orchestrations sont tellement différentes de l’original que c’était un grand jeu pour eux.

Dans la salle, je les voyais froncer les sourcils, c’était à celui qui retrouverait le titre le premier et ça, pour moi, c’était vraiment très amusant. Ce que je trouve surprenant c’est que les paroles de ces chansons, dites avec la voix que j'ai aujourd'hui, prennent tout leur sens. À l’époque quand je chantais « C’est écrit » par exemple, j'avais entre 20 et 25 ans, ça ne voulait rien dire, je n’avais pas le recul que j’ai aujourd’hui, mon expérience de la vie fait que c’est maintenant que ça signifie quelque chose. .../...

 

NTDA : « On sait pas s’aimer », signée Yves Martin, est une chanson qui avait un autre texte dans l’album « Tendances » en 89, elle s’appelait « Okinawa », pourquoi ce changement ?
Sheila : On a repris la première version qu’on avait faite à l’époque en fait, parce que c’était d'abord « On sait pas s’aimer » avant d’être « Okinawa ». Au dernier moment on a trouvé que ça n’allait pas dans l’album, alors on a fait d’autres paroles et c'est devenu « Okinawa ». Puis l’année dernière, quand on a fait l’intégrale, on a retrouvé le texte original de « On sait pas s'aimer », c’est de cette façon qu’on a eu l’idée de la reprendre pour le Cabaret Sauvage.

NTDA : Vous avez un public très éclectique de tous les âges, tous les univers, mais il y a tout de même une grande majorité d’homosexuels, et lorsque commence le medley, comprenant des titres des années 70, difficiles à reprendre de nos jours, un de vos choristes récite le texte d'introduction à la chanson « Patrick, mon chéri », et celui-ci marque une pause avant de dire : « Patrick, je t’aime », de ce fait toute la salle devient hystérique : Qui a eu cette idée ?
Sheila : C’est Yves ! En fait, il ne trouvait pas de réorchestrations possibles à faire sur ces titres là. « Patrick, mon chéri » ou « Le prince en exil », ce sont des trucs pas faciles à refaire mais j’en avais parlé justement avec un ami très proche qui est peut-être mon plus grand fan, ma bible, il s’appelle Patrick aussi d'ailleurs, et il m’avait dit que c’était pour lui des chansons incontournables. Mais Yves continuait de lui dire qu’il n’avait pas d’idée pour les refaire sur scène.

Finalement, il a pensé les refaire dans leurs orchestrations originales avec ce petit clin d’oeil. La réaction des gens dans la salle a été incroyable, on les voyait vraiment prendre du plaisir avec nous, c’est à mourir de rire et c’est en même temps un clin d'oeil à cette partie de mon public qui veut dire que j’assume ça aussi. Vous savez, je vis avec mon temps, quand j’ai enregistré « Patrick, mon chéri » en 1976, les homos vivaient cachés, aujourd’hui il n’y a rien de plus normal que d’entendre un garçon dire à son copain, « Patrick, je t’aime » !

NTDA : Comme pour Sylvie, Johnny, Cloclo et Françoise Hardy, vous avez créé un spectacle pour une génération qui ne connaissait rien d’autre que la musique de leurs parents. Ce qui fait de vous une pionnière de la musique pour jeunes qui a pris son essor dans les années 60 et qui continue aujourd'hui.
Sheila : Oui c’est vrai qu’on peut dire que nous sommes les dinosaures de la chanson (rires).
En fait, on a débroussaillé le terrain et maintenant ils ont des autoroutes.

NTDA : Comment voyez-vous la génération actuelle, comparée à la vôtre ?
Sheila : On n’arrive plus à suivre, on ne sait plus qui est qui, moi je suis dans le potage complet à l’heure actuelle (rires), les gamins de cette génération se foutent de tout, ils ne sont attachés à rien. Il faut juste se rendre compte que si nous, on a eu des carrières comme les nôtres, c’est parce qu’on a été au démarrage de tout. C’était les débuts de la télé, on n’avait qu’une chaîne, on a été les premiers à rentrer chez les gens et à grandir avec leurs enfants. On faisait partie intégrante de la famille. On a vu les premiers magazines de jeunes se créer avec nous en couverture, Salut les copains, Podium, etc.

Ce qui fait qu’on a amené des choses que personne n'avait jamais vues. On a été les premiers à avoir des producteurs indépendants, on est les premiers à avoir été des idoles. Je pense que ce n’est plus possible maintenant de faire des carrières comme ça parce qu’on est aujourd’hui à l'ère du produit. On a eu la chance d’avoir un public qui s’est investi dans ce qu’on faisait, il y avait les clans Sheila, les clans Sylvie et les clans Françoise. Il y avait les pro Chaussettes Noires et les pro Chats Sauvages, ils avaient leurs favoris et ils ne fallaient pas leur parler des autres. Ils couchaient sur nos carpettes, ils rentraient dans nos chambres d'hôtels. Cette fidélité qu’ils avaient pour un artiste ou un groupe n’existe plus aujourd’hui. On s’attache à une chanson qui représente un moment de la vie.

En ce moment c’est Christophe Maé qui marche bien, comme il a un univers à lui, il va peut-être durer un peu plus longtemps que les autres, mais avec Internet, les gamins ont accès à toutes les musiques que l’on peut faire dans le monde ! Nous, on adaptait les chansons américaines et les jeunes découvraient les morceaux grâce à nos adaptations, pour la plupart ils ne connaissaient jamais la version originale, ils nous écoutaient nous.

NTDA : Vous utilisez Internet ?
Sheila : De temps en temps, je suis tombée sur un site de fans qui disait que Madonna avait tout copié sur moi (rires). Vous savez, on est attaché à tous ces gens qui nous ont adorés et qui continuent de nous aimer parce qu'on fait partie de leurs vies. À travers nos chansons, ils ont leur vie qui défile. Je le vois dans mes concerts, dans leurs yeux, dans la façon dont ils réagissent sur telle ou telle chanson.

NTDA • Justement, puisque vous avez sorti votre intégrale, je vous propose un petit jeu, je vais vous citer des titres de chansons qui ont marqué votre carrière et vous allez me dire par un mot ou une phrase ce que cela vous évoque : un bon souvenir, une critique, ce que vous voulez. On va commencer par la première :

« L’école est finie ».
- Euh… ben ça m’évoque mes débuts (rires).

« Papa t’es plus dans le coup » (Ndlr : Repris par Ludivine Sagnier dans le film de
François Ozon “8 femmes”)
- Mon père qui râlait parce que ce n’était pas son truc.

« Première surprise-partie »
- Ce que je n’ai jamais eu !

« Pendant les vacances »
- Une chanson un peu hors du temps.

« Le sifflet des copains »
- Mal vieilli.

« Vous les copains »
- Oh “Vous les copains”, le temps des copains, ça existe moins parce que les ordinateurs ont pris le pouvoir mais c’était une belle époque.

« Écoute ce disque »
- Changement de look : on coupe les couettes.

« Chaque instant de chaque jour »
- Alors là, c’est pour moi ma première grande chanson, parce qu’elle était très large au niveau des octaves, une très belle chanson.

« Le folklore américain »
- Aaaah alors ! “Le folklore”, c’était la première fois que j’avais des danseurs et personne ne le sait ça, mais c’était des danseurs qui d'habitude dansaient nus au “Moulin Rouge” (rires) !

« Devant le juke box »
- Akim !

« Le cinéma »
- Quand j’ai chanté cette chanson, je ne savais pas qu’un an après j’allais en faire pour de vrai. (Ndlr : Le film “Bang Bang” produit et réalisé par Claude Carrère, son producteur de l'époque).

« L'heure de la sortie »
- Ballet d’Arthur Plaschaert qui nous a valu des heures de tournage, toujours pour le film “Bang Bang”.

« La famille »
- C’était bien le reflet de l’époque !

« Pamela »
- Je crois que c’est la première télé que j’ai faite avec un chapeau. J’avais un chapeau et une robe rose, ainsi qu’un fume-cigarette. J’aimais bien cette chanson.

« Adios amor »
- Festival de San Remo.

« Le kilt »
- Ben tiens, il est dans mon placard le kilt, j'ai gardé le costume original avec le chapeau.

« Petite fille de français moyen »
- Ça m’a valu beaucoup de succès et beaucoup d’embrouilles parce que les gens ont mal interprété la chanson. (Ndlr : Sortie pendant les évènement de Mai 68, Sheila fut traitée de réac !)

« Oncle Jo »
- Un numéro de claquettes superbe. J’adore “Oncle Jo” !

« Julietta »
- Une jolie robe avec des volants de toutes les couleurs.

« Reviens je t’aime »
- Ben “Reviens je t'aime” c’était une de mes premières ruptures amoureuses.

« Les rois mages »
- Le tour du monde, version espagnole, allemande et je la chante dans chaque spectacle.

« Blanc, jaunes, rouges, noires »
- Une chanson que j’adore et que je n’ai pas encore reprise. On n’a pas encore trouvé le truc pour la refaire mais je l’adore, c’était une chanson militante bien en avance sur son temps.

« Samson et Dalila »
- Reprise de Middle of the road, la suite des “Rois mages” !

« Le mari de Mama »
- C’était rigolo, c’était un clin d'oeil à Ringo, puisqu’on n’étaient pas encore mariés.
« Poupée de porcelaine »
- Ah ! Ma combinaison bleue.

« Les gondoles à Venise »
- C’était ridicule ! Je ne critique pas la chanson, c’est le look qu’on avait qui était ridicule. La robe ouverte en coeur sur la poitrine, c’était pathétique ! Et lui avec sa combinaison Robin des Bois à clous, non là je comprends pourquoi on disait qu’on était ringards. À l'époque je ne voyais rien, j’avais juste vu Jésus, c'est tout (rires) !

« Adam et Eve »
- Euh… rien à dire.

« Mélancolie »
- Sublime chanson que j’ai refaite et qui fait un tabac à chaque fois.

« Le couple »
- Sans intérêt.

« Tu es le soleil »
- Bonne chanson, mais toujours la suite des “Rois Mages”, c’est encore Middle of the road.

« Ne fais pas tanguer le bateau » et « C’est le cœur »
- J'étais enceinte, c’était le début de ma grossesse. J’avais des seins… on aurait dit Marilyn Monroe !

« Aimer avant de mourir »
- Je l’ai enregistré après mon accouchement, l’enregistrement le plus difficile de ma vie. Je pleurais, je ne pouvais pas la faire.

« Les femmes »
- Une chanson que j’ai découverte grâce à une chanteuse canadienne qui s’appelait Christine Charbonneau et qui chantait sublimement bien.

« L’amour qui brûle en moi »
- Je pense qu’elle a pris toute son ampleur aujourd’hui.

« L’arche de Noé »
- C’est surtout le souvenir d’un mouton, d’un canard, d’un chien, parce qu’il faut savoir que pour chaque télé, on voyageait avec toute la ménagerie. Au final, le mouton a fini chez moi, j’ai élevé le canard, et j’ai toujours la fausse chouette sur mon lit (rires).

« Love me baby »
- Je n’avais pas de titres pour les discothèques, on a fait ça sans dire que c’était moi, et ce sont les gens à la radio qui ont téléphoné pour dire mais c’est Sheila ! Une folie, un bonheur, un espace temps arrêté.

« Hôtel de la plage »
- C’est associé à “Jours de France” pour moi. Il y avait une grande première organisée par le journal, car ce sont eux qui produisaient le film, on l’a chanté devant tout le gratin du cinéma français de l’époque.

« I don’t need a doctor »
- J’aimais bien cette chanson.

« You light my fire »
- Vérone : j’ai gagné tous les prix avec ce titre en Italie.

« Spacer »
- C’est ma deuxième carrière, grâce à lui j’ai été connue dans le monde entier.
Aux États-Unis, il n’y avait pas de tabous, pas de passé, Nile Rogers et Bernard Edwards du groupe Chic m’ont prise comme j’étais, sans connaître les couettes et les gondoles. Ça a été le plus grand pas en avant de ma carrière !

King of the world
- C’est sur le même album mais ce n’est pas la meilleure chanson.

« Kennedy Airport »
- Une bonne chanson française au milieu des titres en anglais, il fallait bien que je revienne un peu en France.

« Pilote sur les ondes »
- Là, c’était tout un album qui annonçait une mauvaise période.

« Little Darlin’ »
- Très rock, quand je pense aux pointures que j’ai eues pour cet album au niveau des musiciens, David Foster par exemple qui a composé pour Céline Dion et Olivia Newton John, et Keith Olsen qui a été le producteur de Pat Benatar, j'ai eu vraiment beaucoup de chance. Il y avait plein de bons morceaux dans cet album, un peu trop rock pour les reprendre aujourd’hui, on n’a pas encore trouvé le moyen de les refaire.

« Et ne la ramène pas »
- Là, je n'en pouvais plus. On ne peut pas passer du tour du monde avec “Spacer” et sortir derrière “Et ne la ramène pas”, ça ne va pas ! Et j’ai tout de même eu de la chance car je suis partie en vacances et j’ai rencontré Yves au même moment.

« Tangue au »
- Premier succès écrit pas Yves. Grand virage dans l’écriture et dans les musiques.

« Je suis comme toi »
- Le vrai départ avec Yves. Ensuite viennent ce que je trouve être les plus belles chansons de ma carrière, “Vivre mieux”, “L’écuyère”, “Emmenez-moi”, “Sur un fil”, “Pour te retrouver”… À partir de là tout est différent parce que j’ai quelqu’un qui écrit pour moi, qui me regarde, qui me fait des bijoux sur mesure comme “Monsieur Vincent”.

NTDA : Quand vous sortez « Le tam-tam du vent » en 89, vous aviez prévu que ce serait le dernier ?
Sheila : Oui, j’en avais marre de passer devant des panels. J’avais besoin d’arrêter et de faire autre chose de ma vie. Je suis trop entière et si je ne prends plus de plaisir à faire quelque chose, j’arrête. Je pense que des artistes qui ont plus de 25 ans de carrière n’ont pas à passer d’auditions. J’ai trop d’amour pour ce que je fais et trop de respect pour le public pour ne faire ce métier qu’à moitié. Quand il n’y a plus le coeur, il faut rentrer chez soi.

NTDA : Neuf ans après les adieux de l'Olympia, vous êtes revenue avec un nouvel album : « Dense ».
Sheila : Vous savez, à part les puristes qui suivent ma carrière, quand je fais “Sur un fil” ou “Dense”, qu’on a refait dans une nouvelle version au dernier Olympia, les gens pensent que c’est une nouvelle chanson. Comme je ne passe pas du tout en radio, les gens en province ne connaissent pas ces chansons-là, ils ont perdu 15 ans de ma carrière. Si vous écoutez “Stop ou encore” sur RTL, il ne passe pas une chanson des 20 dernières années, mais ce n’est pas grave car je fais ça pour mon public. Je suis un catalyseur de bonnes énergies, le temps passe et on est toujours présent, on est fier de ce qu’on est, les critiques du métier peuvent dire ce qu’elles veulent, nous, on est toujours debout.

NTDA : Vous avez fait l’année dernière une série de photos prises par Jean-Marie Perier, pour L'Express, la réunion des trois plus grandes idoles féminines, Sylvie, Françoise et vous, comment avez-vous vécu ce moment ?
Sheila : Ça été un grand moment qui a été très mal exploité, parce que pour arriver à nous réunir toutes les trois avec Jean-Marie, il fallait se lever de bonne heure. C’est toute une époque qui se retrouvait, on est tous vivants et c’est très dommage que ce ne soit pas devenu une couverture. Ça méritait au moins ça, et pourquoi pas une émission de télé. On ne pourra peut-être pas le refaire, on n’est pas éternels. Nous on est encore là et on n’en profite pas assez.

En France, on a plutôt tendance à optimiser les gens qui ne sont plus là. Regardez Dalida qui n’a jamais été aussi populaire que depuis qu’elle est partie. Je pense que si les médias ne s’en rendent pas compte, le public le fait pour eux, et c’est pour cette raison qu’il est toujours avide de ça, qu’il est présent aux concerts. Quand on ne sera plus là, ce sera fini, ce sera trop tard.
Par Te tuer d'amour - Publié dans : Sheila - Presse
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